Comment reussir la culture du gombo?
LE GOMBO
Le gombo appartient à la famille des malvacées et au genre Hibiscus esculents. C’est une plante des régions tropicales chaudes car elle est résistante a la chaleur. La variété couramment cultivée en côte d’ivoire est le Perkin’s Long Pod. Elle est originaire du Nigeria. Le gombo est classé dans la catégorie des plantes annuelles. So, cycle végétatif est de l’ordre de 5mois allant du semis a la récolte.
Le gombo est cultivé pour ses fruits qui servent à la préparation de potages et de sauces gluantes. Les sauces de gombo sont faites soit avec des fruits frais et verts, soit avec des fruits séchés coupés en petit carrés ou transformer en poudre. Les feuilles du gombo sont utilisées pour faire un genre d’épinards ou des sauces spécialement dans certains pays de l’Afrique de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale (Togo, bénin, Congo, Cameroun, sierra Léon).
BOTANIQUE
Morphologie
Le gombo a presque la même morphologie que le cotonnier. Le combo a une tige érigée sur laquelle naissent des branches secondaires et tertiaires. La tige principale et les branches forment un port de forme pyramidal. La tige se prolonge dans le sol par une racine pivotante. Le gombo a une hauteur variant entre 0,50 et 1,50 m.
Les branches sont soit végétatives soit fructifères se termine en un bourgeon floral qui donnera ultérieurement le fruit. La fleur est de couleur blanche ou jaune pale.
Le fruit du gombo est une capsule de forme pyramidale de 10 à 15 cm de long (10cm étant à taille moyenne courante) et de 2 à 3 cm de diamètre. La capsule comporte 5 loges ou valves de dimension plus ou moins égale. Chaque valve contient de nombreuses graines ? Les graines sont petites et de formes sphérique ou ovoïdale. Il faut compter 15 à 18 graines pour un gramme. Les feuilles du gombo sont larges et épaisses. Les feuilles des branches primaires sont plus grandes que celles des branches secondaires et tertiaires. Elles ont une bordure dentelée.
Ecologie
- La terre
Les sols convenables au gombo doivent répondre aux caractéristiques suivantes :
- Profonds et meubles pour un bon enracinement favorisant une bonne alimentation hydrique
- Plats ou à faible pente.
Les sols hydromorphes difficilement drainable et les sols très sableux sont à évités. Il est de même pour les sols présentant des cuirasses ferrugineuses.
- L’eau
Le gombo peut être cultivé aussi bien en zone de savanes avec une saison de pluies ou une saison sèche prolongée qu’en zones pré forestières et forestières ou les pluies sont abondantes avec 2 saisons pluvieuses.
La culture du gombo est beaucoup plus développée dans les zones pré forestières et forestières de la cote d’ivoire. Une pluviométrie minimum de 1000 mm est suffisante pour une croissance normale de la plante.
TECHNIQUES CULTURALES
Les techniques de culture traditionnelle sont peu performantes et donc peu intéressantes. C’est pourquoi nous développerons plutôt les techniques de culture améliorée et intensive qui sont vulgarisées par la SODEFEL. On distingue 4 phases principales du cycle végétatif du gombo :
-la levée : elle dure 3 à 5 jours à partir du semis ;
-la phase végétative, au cours de laquelle la tige principale s’allonge et les branches naissent et se développent : cette phase dure de 30 à 40 jours ;
– la phase fructification : elle dure de 20 à 30 jours ; elle comporte la floraison, la capsulassions et la maturation des fruits ;
– la récolte : elle a lieu pendant 20 à 30 jours et intervient 60 à 80 jours après le semis selon les saisons de culture.
PLANTER
Il n’y a généralement pas de pépinière. Le semis se fait directement avec des graines sélectionnées. Le sol doit être préalablement remué et de préférence billonné. Les billons ont 20 cm de hauteur en moyenne. Le semis est manuel et se fait en poquets de 3 à 5 graines.
Les écartements sont de 90 cm à 1 m entre les lignes. Ces écartements donnent une densité moyenne de 17000 à 40 000 poquets à l’ha nécessitant environ 3 à 5 kg de graines.
Le démariage consiste à éliminer les plants peu vigoureux par poquet si toutes les graines semées germent. L’opération dure 10 à 15 jours après le semis. Après le démariage, il ne doit rester que 2 plants par poquet soit une densité de 80 000 plants à l’hectare.
ENTRENIR
L’entretien se limite au désherbage pour éliminer les mauvaises herbes. Le désherbage peut être manuel ou chimique. En fonction de la taille des parcelles et de la main-d’œuvre disponible, le désherbage manuel est conseillé.
En culture traditionnelle, le sarclage est effectué si l’enherbement est important pendant la phase végétative.
Dans le cas de certaines cultures très intensives l’entretien peut comporter : le binage et le paillage, l’irrigation à la rigole en saison sèche.
Fertiliser
Les principaux éléments nutritifs minéraux apportés par la fumure du gombo sont :
- L’azote : se déficience provoque un ralentissement de la végétation des plants et une faible fructification entraine une baisse du rendement ;
- Le phosphore : il est important pour la floraison et la maturation des fruits ;
- La potasse : elle contribue à la croissance harmonieuse des plants en agissant sur le développement des feuilles notamment.
Pour compenser les carences en éléments minéraux des plants, la fumure s’effectue en 3 périodes :
- A la plantation : peu avant le semis pour l’engrais de fonds (dolomie) ;
- 20 à 30 jours après le semis : il s’agit d’apporter surtout une fumure à base d’engrais composés (NPK) ;
- 40 à 50 jours après le semis : c’est l’azote qui sera apporté sous forme durée.
- Dans d’autres pays de culture, y compris l’Ouest africain, il est recommandé une fumure quelque peu différente tant dans la formulation que dans les périodes d’épandage :
- Fumure minérale à la plantation(NPK) : N=45, P=60 ;
- Fumure minérale(urée) 20 jours après le semis : N=25 ;
- Fumure minérale (urée) 40 jours après le semis : N=45.
Fertilisation du sol
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PERIODE |
ENGRAIS |
APPLICATION |
DOSE* |
QUANTITE NPK |
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Avant semis |
Dolomie 10-18-18 |
Plein champ |
500 400 |
40-72-72 |
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1 mois après 1er semis |
Sulfate de potasse Urée |
De chaque cote du billon avant le 1er buttage |
250 200 |
0-0-125 90-0-0 |
|
2 mois après |
Urée |
De chaque côté du billon avant le 2e buttage |
200 |
90-0-0 |
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TOTAL :NPK |
220-72-197 |
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*En kg/ha |
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Plan de protection phytosanitaire
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PERIODE |
PARASITES COMBATTUS |
RYTHME D’APPLICATION |
PRODUIT |
MATIERE ACTIVE |
DOSE/HA (P.C.)
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QTE/HA |
QTE/APP. |
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A la levée |
Insectes : -bemisa tabaci -coléoptères Champignons -Cercospora sp. -Odium sp -choanephora |
1 atomisation par semaine |
Nyvol 50 |
Ethyl-parathion |
11 |
50 cc |
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A la floraison |
Manebe |
Manebe |
3 kg |
150 g |
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A partir de la fructification |
Decis Manebe |
Deltaméthrine manebe |
11 3 kg |
50 cc 150 g |
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LES ENNEMIS DUGOMBO
Maladies
Les maladies du gombo les plus répandues en Côte-d’Ivoire sont dues à des champignons du genre cercospora sp, oïdium sp, choanephoro. Les attaques ont lieu généralement à partir de la floraison.
Animaux
Les ennemis du gombo sont surtout des insectes du genre Bemisia tabaci et des coléoptères. Il faut ajouter à ces insectes, les animaux domestiques et d’élevages qui causent des dégâts à la culture lorsqu’ils vont paitre dans les champs ou au cours des transhumances.
RECOLTE
Elle commence à partir du 60e ou du 80e jour, après le semis, selon les variétés et le cycle cultural. Elle dure en moyenne 20 jours par hectare dans le cadre d’une récolte échelonnée en fonction de la maturité des plantes. La récolte peut durer jusqu’à un mois. Elle se fait pratiquement tous les 2 jours. Les fruits ayant leur extrémité cassante sont récoltés. Le retard de la récolte peut favoriser une lignification du gombo dont le fruit devient fibreux à la consommation.
Les rendements à l’hectare sont de 5 à 6 tonnes.
Le gombo est une denrée périssable nécessitant une conservation de très courte durée. Le séchage du gombo est le moyen le plus couramment utilisé pour prolonger la conservation de cette denrée.